Nouvelle perspective sur
la grande bataille
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STALINGRAD ATLAS DE BATAILLE - VOLUME IV

1 Decembre - 31 Decembre 1942 : Operation Wintergewitter

Order on Amazon
Le nom de Stalingrad est connu de tous depuis soixante-dix ans. Le monde entier sait que l’Union soviétique a triomphé de l’Allemagne nazie au cours d’une bataille terrible, sans précédent dans l’Histoire. Cependant le consensus ne va pas plus loin : au-delà de ce fait établi commencent les divergences, les distorsions, ou simplement l’ignorance. Que sait-on des circonstances exactes de cette lutte sans merci, tournant fondamental dans la guerre ? Cette question en entraîne automatiquement une autre : qu’est-il matériellement possible de savoir aujourd’hui au vu des ressources dont nous disposons ? Quelle est la part de nos connaissances actuelles qui se trouve confirmée dans son exactitude à la lumière des dernières données disponibles, quelle est la part qui doit rejoindre la catégorie des mythes et légendes ?

La bataille de Stalingrad a engendré une littérature aussi gigantesque que disparate, et son volume ne fait qu’augmenter à mesure que des documents autrefois inaccessibles sont rendus publics. Afin de correctement la comprendre, il est capital de faire le tri dans les nombreuses versions du récit des événements, publiées à l’Est comme à l’Ouest, depuis 1945. On se rendra compte que malgré les milliers de pages écrites à son sujet la réalité est encore loin d’être complètement dévoilée, même si des évolutions récentes ont favorisé la diffusion de sources primaires qui ont longtemps fait défaut aux historiens pour rendre compte des événements dans les moindres détails.

Pendant la guerre, outre la couverture de presse naturellement limitée en termes de détails militaires, sont également intervenues diverses commissions d’historiens, mandatées par les instances de l'armée ou du gouvernement. Malheureusement leurs rapports ont été pour la plupart négligés une fois libérés du sceau du secret.

Dans les années d’après-guerre, différentes approches ont été entreprises pour relater les événements. Malgré le contexte géopolitique difficile et le climat tendu du nouvel équilibre mondial, certains journalistes, éditeurs et chercheurs s’efforcèrent de dépasser les scissions officielles et le politiquement correct pour découvrir la réalité et si possible la rendre publique.

De 1945 à jusqu'à la fin du siècle, ce fut mission presque impossible à remplir. Il y eut bien sûr un certain nombre d’essais impartiaux et de véritables études scientifiques sur la guerre germano-soviétique au cours de cette période de cinquante ans, mais de nombreuses lacunes et un grand nombre de mythes y subsistent. Il n'y avait tout simplement pas suffisamment de données disponibles au cours des années de guerre froide pour permettre une investigation tout à fait précise.

Depuis 1991, il est devenu plus facile d'accéder aux documents d'archives du ministère russe de la Défense (ЦАМО) et d'autres fonds similaires. Même si certaines données demeurent encore inaccessibles et que les fonds ne sont rendus publics que très progressivement, il est néanmoins devenu possible d'envisager une étude exacte du conflit, et les historiens d'aujourd'hui sont incontestablement mieux armés pour ce faire. Un consensus parmi les chercheurs suppose que près de la moitié des faits réels restent à découvrir. Nous ne savons que deux tiers de ce qui s’est réellement passé à Stalingrad et nul ne saura jamais retracer le cours exact des événements, en particulier durant les tous premiers jours de combats dans la ville.

Si la réduction des carcans idéologiques et l’ouverture des archives permettent enfin d’exploiter librement un éventail d’informations au plus proche de la réalité historique, s’il est désormais possible de produire des analyses dénuées de tous biais et expurgées de tous mythes, bref de travailler sur une base nouvelle, il n’en demeure pas moins qu’un long chemin reste à faire pour élucider toutes les zones d’ombre dans l'histoire de ce gigantesque conflit germano-soviétique, et par conséquent dans l’étude de la Seconde Guerre mondiale dont il a constitué le principal théâtre d’opérations. Qui plus est, cette partie manquante pourrait bien être essentielle.

Les recherches à l’origine de cet ouvrage avaient pour objectif de révéler la réalité historique, brute car dénuée de toute inflation propagandiste, exacte puisque issue de l’information de base, non retouchée, non interprétée. L’objectif était de recenser, sur une base quotidienne, l’ensemble des données relatives aux opérations militaires sur la période de juillet 1942 à février 1943, de les vérifier, d’en faire une synthèse, et surtout de les illustrer par des cartes, afin de constituer un atlas complet au jour le jour.

Il fallait commencer par analyser la mosaïque des renseignements disponibles, les sources étant parfois très divergentes sur la narration d’un même événement. Pour maintenir un bon degré de précision, il devenait donc nécessaire de croiser systématiquement chacune de ces sources pour chaque jour de la période : documents et recueils d’archives, publications académiques, oeuvres classiques, travaux spécialisés, mémoires des commandants, témoignages des vétérans. Après avoir mis en place une structure chronologique solide, détaillée et vérifiée au vu des révélations historiques les plus récentes, il restait à lui associer des cartes. Celles-ci devaient être élaborées dans une même perspective et sur un format normalisé, pour obtenir une image glissante, montrant l’évolution du front chaque jour de la bataille.

Durant 70 ans, différents ouvrages publiés en URSS puis en Russie, comme dans de nombreux autres pays, ont essayé de donner au lecteur des repères conceptuels en recréant des cartes plus ou moins conformes à la réalité, sans toutefois parvenir à un grand degré d’exactitude. La principale difficulté était due à l’absence de données bas niveau, c'est-à-dire à l’échelle des unités représentées, car les archives militaires soviétiques contenant ces informations sont restées inaccessibles jusqu’à une période récente. Pour cette raison, les cartes représentées dans la littérature historico-militaire depuis l’immédiat après-guerre jusqu’à la fin du XXe siècle sont souvent incomplètes, voire inexactes. Surtout, elles ne montrent la situation que dans l’optique de quelques dates clés, presque toujours les mêmes, et sur une échelle trop vaste.

Il est maintenant possible d’accéder aux archives centrales du Ministère russe de la Défense. Il s’agit des rapports et de schémas établis par les états-majors des diverses formations durant la bataille, descendant jusqu’à l’échelle du régiment ou même du bataillon. Bien que souvent difficiles à exploiter de par leur nature d’esquisses, et disponibles seulement pour certaines unités et certaines dates, elles demeurent autant de sources fondamentales. En 2015 l'Agence fédérale russe des archives, en coopération avec le Ministère de la Défense, la Société d'histoire russe et l'Institut historique allemand à Moscou ont rendu public le fonds "Bestand-500", un important recueil de documents émanant de l'OKW, de l'OKH et du groupe d’armées B. la nouvelle édition de cet atlas exploite ainsi les toutes dernières sources en date.


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